L’homme et le mal

C’est l’abus de nos facultés qui nous rend malheureux et méchants. Nos chagrins, nos soucis, nos peines, nous viennent de nous. Le mal moral est incontestablement notre ouvrage, et le mal physique ne serait rien sans nos vices, qui nous l’ont rendu sensible.
N’est-ce pas pour nous conserver que la nature nous fait sentir nos besoins ? La douleur du corps n’est-elle pas un signe que la machine se dérange, et un avertissement d’y pourvoir ? La mort… Les méchants n’empoisonnent-ils pas leur vie et la nôtre ? Qui est-ce qui voudrait toujours vivre ? La mort est le remède aux maux que vous vous faites ; la nature a voulu que vous ne souffrissiez pas toujours. Combien l’homme vivant dans la simplicité primitive est sujet à peu de maux ! Il vit presque sans maladies ainsi que sans passions, et ne prévoit ni ne sent la mort ; quand il la sent, ses misères la lui rendent désirable : dès lors elle n’est plus un mal pour lui. […]

Qui ne sait pas supporter un peu de souffrance doit s’attendre à beaucoup souffrir. Quand on a gâté sa constitution par une vie déréglée, on la veut rétablir par des remèdes ; au mal qu’on sent, on ajoute celui qu’on craint ; la prévoyance de la mort la rend horrible et l’accélère ; plus on la veut fuir, plus on la sent ; et l’on meurt de frayeur durant toute sa vie, en murmurant contre la nature des maux qu’on s’est faits en l’offensant.

Homme, ne cherche plus l’auteur du mal ; cet auteur, c’est toi-même. Il n’existe point d’autre mal que celui que tu fais ou que tu souffres, et l’un et l’autre te vient de toi. […] Ôtez nos funestes progrès, ôtez nos erreurs et nos vices, ôtez l’ouvrage de l’homme, et tout est bien.

Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’éducation

rousseau

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Une réflexion sur “L’homme et le mal

  1. jamotte sylviane dit :

    Je supporte des douleurs physiques terribles et depuis que je les acceptent je me sens mieux
    Certaines personnes de mon entourage ne connaissent ni les douleurs physiques ou morales
    On se moque de moi et je n ose plus sortir en voyant ds leur regard cette moquerie
    Je ne dis rien je les ignore en esperant qu ils ne connaissent jamais la maladie
    Depuis mon enfance, j ai tjs des maladies une fois une guerie une nouvelle arrive
    Que faire? Rester ds mon fauteuil et m appitoyer sur moi même Non
    Je suis tjs occupee tricot crochet etc….
    Je suis maintenant au repos complet pour un probleme a la colonne
    Pour marcher je dois porter un corset ca fait rire et bien je reste chez moi et qd je veux aller marcher je prends la voiture et je marche la ou ils y a des personnes qui ne le connaissent pas et ds leur regard je ne vois auvunes moqueries et surtout pas de pitié je deteste
    Bonne journee
    Sylvianr

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