Comment pratiquer la méditation analytique ?

Dans la vie quotidienne nous faisons souvent de la « méditation analytique ». Par exemple, quand nous sommes attachés à une certaine personne, notre affirmation de base est : « Il/Elle est merveilleux/merveilleuse ! » Et puis nous pensons aux multiples raisons qui en sont la preuve. Elle est jolie, elle est intelligente. Il a un bon esprit, il est gentil. Elle est intéressante à écouter. Il est si beau à voir. A l’aide de ces raisons, et de beaucoup d’autres, nous renforçons notre sentiment que cette personne est merveilleuse, et le résultat est que notre attachement atteint son paroxysme et nous pensons que nous devons être avec cette personne pour être heureux. Il n’y a pas d’autre moyen ; nous ne pouvons pas supporter d’être sans lui, ou sans elle.

Ce processus mental est une méditation analytique. Si quelqu’un dit le contraire, qu’il ou elle est désagréable, pas si séduisant(e) que cela, nous n’en écoutons pas un mot parce que nous sommes totalement convaincus du contraire. La méditation analytique est comme cela.
Parfois nous nous engageons dans une méditation analytique sur la colère. Nous pensons que telle ou telle personne est mauvaise. Nous validons cette pensée par diverses raisons, comme de nous souvenir qu’elle nous a fait du mal, à nous ou à nos amis, dans le passé et que maintenant il parle de nous derrière notre dos. Nous spéculons sur le mal qu’il pourrait nous faire à l’avenir. Nous nous appuyons aussi sur des citations : « Mon ami a dit qu’on ne peut pas se fier à cette personne », etc. Plus nous trouvons de raisons, ou d’arguments, plus notre conviction grandit et plus nous sommes imperméables aux paroles d’un autre qui nous ferait remarquer les qualités de cette personne.

De la même façon, il y a certaines personnes dont nous sommes très proches, qui nous ont beaucoup aidés, ou avec qui nous avons passé beaucoup de temps. Quand elles meurent, nous pensons à elles où que nous allions. Tout ce que nous faisons nous les rappelle. Nous pensons à elles, encore et encore : « Si elles étaient vivantes, nous ferions ceci et cela, nous passerions de bons moments ensemble. Comme ce serait merveilleux ! » En nous les remémorant ainsi et en pensant à elles de manière répétée, elles nous manquent encore plus et notre souffrance augmente.

Voilà comment « la méditation analytique » renforce nos attitudes perturbatrices. Cependant, nous pouvons mettre à profit cette même technique pour réfléchir aux sujets de la conscience dans le but de faire croître nos attitudes constructives. Pour faire cela, nous contemplons de manière répétée un sujet particulier et les raisons ou arguments servant à étayer ses divers points. Nous devons faire appel à tous les arguments et tous les exemples possibles pour que le sujet de méditation devienne clair et convaincant, et nous devons garder le sujet à l’esprit sans l’oublier. Faisant cela, notre expérience intérieure de la conclusion deviendra de plus en plus forte, et alors nous concentrons notre esprit en un point sur ce ressenti. Quand cela se produit, c’est le signe que notre méditation analytique est en train de donner ses résultats. Par exemple, si nous méditons sur l’impermanence et la mort, nous pouvons nous dire que : « La mort est certaine parce que tout le monde doit mourir, parce que la durée de notre vie s’amenuise continuellement et ne peut pas augmenter, et parce que nous allons mourir sans avoir pratiqué de travail sur notre conscience si nous continuons à perdre notre temps ». Nous réfléchissons à chacun de ces points en profondeur, en les reliant à des exemples issus de notre propre vie, en faisant appel à des raisonnements, et en les rapportant à notre expérience personnelle.Alors s’élève en nous un sentiment de justesse.

Certaines personnes associent le terme « analytique » à un bavardage sec et intellectuel ; elles pensent en fait que la méditation analytique est un exercice purement intellectuel. Mais ce n’est pas correct. En analysant de près les étapes de la voie, à l’aide d’arguments et d’exemples, et en les rapportant à notre propre vie, des expériences intérieures très fortes peuvent s’élever qui transforment notre esprit.

Quand nous pratiquons la méditation analytique sur un sujet, nous réfléchissons aux divers points, en nous efforçant de comprendre les arguments, les citations, et leur application à notre vie ; ce qui signifie que nous analysons pour vérifier jusqu’à quel point les expériences de
notre vie viennent confirmer ces points. Cela signifie aussi contempler la manière d’utiliser ces arguments et autres citations pour gérer les situations et les difficultés que nous rencontrons dans notre vie. Quand, grâce une telle méditation, nous développons des pensées, des sentiments et des concepts positifs, quand nous réfléchissons au sujet, une expérience sincère et venant du cœur s’élève, mais quand nous cessons de penser aux arguments et raisons, l’expérience s’efface. Pour la rendre stable, il est nécessaire de nous accoutumer à l’expérience qui a été produite grâce à l’effort, et ce faisant, finalement elle devient sans effort, naturelle.

Chaque fois que nous pensons au sujet, l’expérience s’élève automatiquement sans qu’il soit besoin d’analyser. Par exemple, si quelqu’un est très attaché à quelque chose, il suffit que la personne se souvienne de l’objet pour que l’attachement surgisse automatiquement, sans qu’elle ait besoin de penser à toutes sortes de raisons. Pour l’instant, c’est notre attachement qui généralement est sans effort tandis que notre compréhension de Soi demande un effort. Cependant, en entraînant notre esprit  pendant longtemps, les réalisations de l’amour, de la compassion, de la sagesse, etc. ne demanderont plus d’effort de notre part, et il nous faudra faire un grand effort pour nous mettre en colère ou avoir de l’attachement. Donc, tout d’abord, nous faisons la méditation récapitulative pour nous familiariser avec la structure générale du sujet. Puis nous faisons effort pour faire naître l’expérience intérieure de ce sujet. Enfin, comme notre esprit est devenu très familier avec le sujet, l’expérience devient naturelle.

De manière générale, il faut méditer sur les étapes de la voie graduée dans l’ordre où elles sont présentées. Quand nous sommes parvenus à une expérience intérieure profonde, ou réalisation, d’une première étape, alors nous poursuivons notre méditation analytique avec la suivante. Nous ne devons pas négliger les étapes précédentes mais continuer à faire des méditations récapitulatives sur elles afin de garder bien vivante notre expérience intérieure de ces étapes. Avant d’avoir réalisé un sujet, il ne faut pas passer au sujet suivant et commencer la méditation analytique sur celui-ci.

Si quelque doute s’élève au cours de notre pratique de la méditation analytique, nous devons y réfléchir et, si possible, en discuter .  Si nous ne discutons pas de nos doutes et les mettons simplement de côté ou les supprimons, ils peuvent bloquer notre progression en rendant notre esprit crispé et incertain. Il est donc important de chercher de l’aide afin de venir à bout de nos doutes.

Il y a deux types essentiels de méditation : la méditation stabilisatrice pour développer la concentration en un point, et la méditation analytique pour développer une compréhension profonde des divers sujets. Ces deux types de méditation sont pratiqués alternativement.

Tout cela ayant été dit en tant que conseil d’ordre général, il est important de signaler que nous devons nous assurer que notre méditation convient à notre esprit. Si nous nous sentons à l’aise de pratiquer la méditation analytique sur les divers sujets d’une manière progressive, nous devons le faire. Si, d’autre part, nous trouvons cette pratique difficile et si elle n’est pas compatible avec notre esprit, il vaut mieux méditer sur le sujet qui nous plaît, quel qu’il soit. Si nous aimons la méditation sur la vacuité, pratiquons-la. Si cela nous convient et que nous prenons plaisir à méditer principalement sur l’intention altruiste, nous pouvons mettre l’emphase sur elle.

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Travailler sur les pensées perturbatrices

Dès l’instant même de votre naissance, vous êtes sous le contrôle de vos pensées perturbatrices.
Qu’est-ce qui fait que les pensées perturbatrices telles que la colère ou l’attachement s’élèvent encore en vous aujourd’hui ?

Imaginez que vous décidiez de faire une session de méditation sur la patience et qu’alors vous vous remémoriez toutes les techniques de méditation en rapport avec la patience et fassiez les visualisations appropriées. Cependant, après la session, si un objet indésirable apparaît ou que quelqu’un vous manque de respect, vous dit quelque chose de désagréable, même s’il n’y avait pas de colère durant la session, votre esprit est soudainement submergé par la colère.

L'ignorance mène à la peurLa peur mène à la haine,la haine conduit à la violenceVoila l'équation
Quand vous rencontrez un objet particulier,  la colère s’élève parce que l’empreinte, ou graine, de colère à l’intérieur de votre esprit n’a pas été enlevée. Même votre meilleur ami, dont vous ne pouvez supporter d’être séparé ne serait-ce qu’une minute, peut devenir l’objet de votre colère s’il change d’attitude à votre égard, à cette minute même. Il se peut qu’auparavant vous pensiez : « Je ne pourrais jamais me mettre en colère contre mon ami. Comment pourrais-je être en colère contre lui ? ». Avant,  il vous paraissait agréable, mais cette apparence karmique s’est transformée en une apparence indésirable. Le point fondamental est que l’empreinte de la colère est présente ; elle n’a pas été enlevée.  Ceci s’applique également à l’attachement et aux autres pensées perturbatrices.

Le point principal est que l’empreinte n’a pas été éliminée.

La colère, l’ignorance et l’attachement sont des productions dépendantes ;

elles s’élèvent en dépendance d’empreintes.

En plus de l’élimination des perturbations, si les empreintes laissées sur le continuum mental sont aussi complètement éliminées, il est impossible à la colère, ou à toute autre perturbation, de s’élever. C’est un travail accompli une fois pour toutes.

Comme il n’y a pas d’émotions perturbatrices, vous n’expérimentez plus la vérité de la souffrance, les problèmes. Si vous n’avez pas d’empreinte de colère, d’attachement et d’autres pensées perturbatrices, même si toutes les créatures de ce monde sont en colère contre vous et vous font du mal, il n’y aura aucune possibilité pour que la colère ou le désir de leur faire du mal s’élève en vous.

La manière dont un objet vous apparaît dépend uniquement de votre esprit.

Votre esprit détermine si vous aimez quelqu’un ou non. Vous vous apercevez que l’apparition de pensées perturbatrices et les actions qui en résultent dépendent de causes et de conditions.

C’est ainsi que vous créez votre propre réalité.

Si vous comprenez bien comment la souffrance et la cause de la souffrance sont des productions dépendantes, vous pouvez voir très clairement qu’une fois la libération ultime obtenue,  il est impossible que les causes de la souffrance apparaissent à nouveau et que vous expérimentiez la souffrance. A ce moment-là, il n’existe plus de causes à partir desquelles la souffrance pourrait de nouveau se produire et il est donc impossible que vous ressentiez à nouveau de la souffrance.

Il n’y a plus de causes à partir desquelles la souffrance pourrait s’élever. La cause principale, l’empreinte, a été complètement éliminée.

L’importance de la motivation

Dans la vie quotidienne, votre motivation est très importante. Même pour des activités quotidiennes normales, telles qu’un travail à la maison ou au bureau, dormir, marcher, faire des prières, réciter des mantras ou méditer, votre motivation est la première chose à examiner et à changer pour qu’elle passe de négative en positive.

Lève-toi chaque matin avec de la déterminationpour te coucher le soir avec de la satisfaction

La motivation peut tout changer. Si la motivation est mauvaise, l’action et le résultat seront mauvais. Si la motivation est entachée par la colère, l’attachement ou l’ignorance, aussi bien l’action que la motivation deviennent la cause de la souffrance. Si la motivation n’est pas entachée par ces trois poisons de l’esprit, l’action devient vertu et tant la motivation que l’action deviennent la cause du bonheur. Si la racine d’un arbre est vénéneuse, chaque partie de l’arbre le sera. Si la racine est médicinale, chaque partie le sera. Rien ne pourra être nocif, tout sera bénéfique. C’est la même chose en ce qui concerne la motivation. Dans votre vie quotidienne, votre motivation est la chose la plus importante. Les plus grands problèmes et malheurs comme les plus grands bienfaits et bonheurs viennent de votre motivation, votre attitude d’esprit, de chaque jour, de chaque heure.

La méditation analytique

Comment savons-nous que nous avons obtenu le résultat attendu d’une méditation donnée ?

Combien de temps devrions-nous passer sur chaque méditation ?

Comment empêchons-nous les expériences intérieures que nous acquérons de se dégrader ?

Nous allons donc traiter des points généraux par rapport à ces questions maintenant. La méditation analytique a été évoquée rapidement dans un de mes anciens articles. Nous allons passer quelque temps à l’expliquer, car il est important de comprendre bien de quoi il s’agit.

Quoique nous ayons entendu de nombreux enseignements et soyons peut-être enthousiastes à l’idée de les enseigner aux autres, notre esprit n’est pas dompté, nos qualités ne sont pas développées.

Quel est le problème ?

Nous n’avons pas acquis l’expérience intérieure qui vient de la méditation et nous n’avons pas intégré notre savoir à notre expérience. En d’autres termes, nous savons beaucoup de choses, mais nous n’avons pas médité sur toutes ces choses convenablement. Le simple fait de connaître les enseignements ne constitue pas une méditation analytique. Cela ne produit pas la transformation interne opérée par la méditation analytique. La méditation analytique est une méditation à part entière, une méditation importante. Elle est indispensable pour faire naître des réalisations.

Il peut arriver à l’occasion que, sans avoir médité beaucoup, s’élève en nous une détermination puissante à nous libérer de l’existence cyclique . Cela n’est pas une méditation analytique. De temps à autre, nous pouvons avoir cette pensée : «L’existence  est affreuse. Je pars dans une grotte dans la montagne pour méditer ». Ou nous pouvons soudainement avoir un sentiment puissant d’amour pour tous les êtres, mais ensuite il s’évanouit et nous nous ressentons comme avant. Nous pouvons avoir parfois un sens de la vacuité d’existence intrinsèque et penser : « Fantastique ! Maintenant, j’ai réalisé la vacuité ». Et puis l’expérience s’efface et nous pensons : « Oh non, j’ai perdu la réalisation ! » Ici encore ce n’est pas une expérience résultant de la méditation analytique.

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Mais alors, que sont ces expériences?

Elles représentent une forme de croyance, de supposition correcte. Elles sont positives, mais instables.  Nous devons essayer de les stabiliser. Pour cela, il nous faut examiner les conditions qui les ont suscitées et essayer de reproduire et de maintenir ces conditions. Nous devons continuer et ne pas laisser nos expériences intérieures dégénérer. La manière de stabiliser ces flashs soudains de compréhension est de nous familiariser avec eux par la méditation analytique. Une expérience qui s’élève du fait de la méditation analytique est valide et stable. Elle provient d’avoir pensé à quelque chose pendant longtemps de façon à en avoir une compréhension en profondeur. La méditation analytique ne signifie pas se répéter les mots des enseignements ou passer en revue les différents points des enseignements d’une manière sèche, académique. Pratiquer la méditation analytique signifie réfléchir en profondeur et l’appliquer à notre propre vie. Cela implique que l’on analyse l’enseignement pour vérifier s’il est cohérent d’un point de vue logique, s’il correspond à notre expérience, et s’il est plus réaliste et bénéfique que notre manière habituelle de penser.
Par exemple, supposons qu’une personne entende parler de la précieuse existence humaine. Elle en tirera peut-être une expérience intérieure forte, mais qui disparaîtra par la suite. Ce ressenti puissant aura été une expérience résultant de l’écoute qui se sera facilement perdue. Pour la rendre stable, la personne devra pratiquer la méditation analytique pour acquérir une expérience résultant de la réflexion et de la contemplation. Alors, elle deviendra plus stable et aura le pouvoir de transformer.

Si nous avons entendu de nombreux enseignements et pouvons expliquer beaucoup de choses aux autres, mais que nous ne nous familiarisons pas avec ces sujets afin d’en faire notre expérience personnelle, nous risquons de devenir des pratiquants à la peau dure, imperméables . Cela signifie que si, à l’écoute des enseignements, nous sommes assis là et pensons: « Bon, je sais, je sais. J’ai entendu tout cela avant. Pourquoi est-ce que mon enseignant ne dit pas quelque chose de nouveau et d’intéressant ? » Ou encore, nous nous faisons ce genre de commentaires : « Cet enseignant pourrait améliorer sa manière de parler. Son exposé est d’un ennui ! »

Nous le saurons si nous devenons insensibles. Notre esprit devient de plus en plus coriace, même si nous savons plein de choses. Au lieu d’être plus maîtrisé, notre esprit devient pire qu’avant. Si, du fait d’avoir beaucoup écouté et de savoir beaucoup, notre esprit s’améliore – devient plus flexible et ouvert, plus réceptif et sensible – alors nous n’avons pas ce problème . Mais quand notre esprit devient dur ou fier, il est difficile de remédier à cela.  Si une personne est devenue imperméable , il lui est difficile de tirer des bienfaits de la méditation.

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Comment se pratique la méditation analytique ?

 

Prenons comme exemple la précieuse existence humaine. Ce sujet comprend l’identification des caractéristiques d’une précieuse existence humaine, le fait de voir sa valeur et de prendre conscience de sa rareté et de la difficulté de l’obtenir. Nous réfléchissons à chacune des dix-huit caractéristiques d’une précieuse existence humaine, l’une après l’autre. Nous faisons appel à des arguments pour reconnaître les avantages de chacune des libertés et de chacune des richesses. Il est aussi utile de se rappeler des citations du Bouddha ou d’êtres sages sur le sujet. Nous considérons aussi notre expérience personnelle et prenons conscience de notre potentiel. En nous familiarisant à maintes reprises avec ce sujet, au bout d’un certain temps nous commençons à ressentir dans notre cœur que nous avons une chance incroyable, que notre vie a un sens très élevé, et que ce serait un grand gâchis de la gaspiller dans des activités futiles. C’est cela, la méditation analytique. Par elle, nous affermissons notre compréhension. Le résultat est qu’elle ne disparaîtra pas facilement et que notre esprit ne mettra pas en doute la valeur de notre précieuse existence humaine même si quelqu’un d’autre nous contredit. Cette compréhension a été plantée fermement dans notre esprit.

Supposons qu’une personne qui ne pratique pas la méditation analytique entende dire que les agrégats sont impermanents. Elle va penser : « Oui, ils sont impermanents ». Mais cette compréhension peut fluctuer facilement. La personne peut rencontrer une autre personne qui avance que, non, les agrégats ne changent pas instant après instant et qu’ils sont donc permanents. Alors la personne commence à hésiter : « Peut-être qu’ils sont permanents, après tout ! » Cette situation se produit parce que la personne n’a pas affermi sa compréhension initiale en y réfléchissant en profondeur et en la considérant à partir de nombreux points de vue dans la méditation analytique.

Le Bouddha a dit qu’il ne fallait pas simplement accepter ce qu’il disait sur quelque sujet que ce soit, mais qu’il fallait vérifier la véracité de son enseignement par le biais de trois analyses, que l’on compare aux trois types de vérifications effectuées par ceux qui achètent de l’or. D’abord ils recherchent les défauts les plus évidents en frottant l’or, puis les moins évidents en le coupant, et enfin les impuretés les plus subtiles en le faisant brûler. Le Bouddha disait : « Vérifiez mes enseignements aussi de cette façon. Voyez s’ils disent vrai ou non. Affermissez votre compréhension par le raisonnement, et ne croyez pas sur la seule base de la foi aveugle ».

les 9 stades du calme mental

1/ La placement de l’esprit

Lorsque l’on commence à méditer sur le calme mental, que l’on s’assoit pensant : « Ok, je vais méditer dix minutes. Pendant dix minutes, je vais maintenir mon esprit sur cette image du Bouddha ou sur la respiration », lors de cette première étape, on se dit : « Hou la ! Quelle confusion! » On réalise que l’on arrive à peine à trouver l’objet. Durant toute la session, on se
dit : « Ah oui, je suis supposé observer la respiration et l’esprit se promène partout. »Seulement par moments on se souvient que l’ on est supposé observer la respiration mais l’esprit, la majeure partie du temps, est totalement ailleurs.C’est le premier niveau de la méditation sur le calme continu. On l’appelle «placement de l’esprit ». En fait, on essaie dans un premier temps d’amener l’esprit sur l’objet. Donc, toute la session est occupée à amener l’esprit sur son objet puisque la plupart du temps, il s’échappe.

2/ Le placement continu

Puis, le second niveau est appelé « placement continu ». Ici, on est capable de maintenir l’esprit sur l’objet et d’y rester un petit moment avant de le perdre de nouveau. Il y a une continuité. Avant cela, il n’y en avait aucune ; vous ne faisiez que poser l’esprit sur l’objet, et pouf , il partait, vous le rameniez et pouf , il repartait. Ici, il y a une continuité.

3/ Le placement répété

Le troisième niveau est appelé «placement répété». Ici, vous êtes capable de demeurer sur l’objet pendant un bon moment. Vous demeurez sur l’objet et de temps en temps, vous le perdez ; mais dès que vous le perdez, vous en êtes conscient et êtes capable de ramener l’esprit.
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4/ Le placement rapproché

Ensuite, le quatrième niveau est appelé «placement rapproché». Donc, ici, du début jusqu’à la fin de la session, vous ne perdez aucunement l’objet. Tout au long de la session, vous êtes capable de rester sur l’objet. Il y a toujours de la distraction et de la torpeur, mais une partie de
l’esprit ne perd plus du tout l’objet.

5/ La Maîtrise

Puis, le cinquième niveau, appelé «maîtrise». Ceci parce qu’à partir du quatrième niveau, vous êtes capable de rester durant toute la session sur l’objet. Grâce à votre familiarisation avec l’objet, vous atteignez un niveau de paix intérieure dont vous n’avez jamais fait l’expérience auparavant. C’est alors comme si votre esprit avait toujours été comme une eau en ébullition et que, soudainement, cette eau cessait de bouillir ; vous découvrez que votre esprit connaît une sorte de tranquillité que vous n’avez jamais éprouvée auparavant et vous réalisez :
« Hou la ! C’est vraiment agréable ! »

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La différence entre le quatrième et le cinquième niveau est qu’au cinquième, il n’y a plus ni relâchement grossier ni distraction grossière. Les aspects grossiers de ces perturbations ont disparu. Vous avez toujours le relâchement subtil et la distraction subtile, mais plus aucun de leurs aspects grossiers.

6/ La pacification

Le sixième niveau est appelé «pacification». Il est très difficile à reconnaître car l’objet est là, il est stable, il est clair. Ce qui manque, c’est l’intensité du maintien sur l’objet. Aussi, en général, lorsqu’on parvient à ce stade, il est préférable de pencher du côté de la distraction subtile plutôt que du côté du relâchement subtil, parce que la distraction subtile est facile à reconnaître.

7/ La pacification totale

Lors du septième niveau, «pacification totale», vous pouvez demeurer sur l’objet. Vous vous asseyez et vous demeurez sur l’objet ; de temps en temps, vous devez vérifier si relâchement ou distraction sont apparus, mais durant l’essentiel de votre session, vous êtes constamment conscient de votre objet, la distraction et le relâchement ne sont plus très puissants. Ils n’apparaissent pas souvent et même lorsqu’ils apparaissent, vous n’avez qu’à faire « pouf, pouf, pouf » et la pensée cesse ou bien l’émotion cesse.
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En fait, tout ce processus vous conduit de votre esprit ordinaire – avec ses distorsions et tout cela – à votre esprit de calme continu. C’est comme entrer dans un tunnel, ou dans quelque chose. Vous concentrez votre esprit sur l’objet, et vous passez par différentes étapes pour entrer dans l’esprit de calme continu.

8/ La focalisation

Le huitième niveau est appelé «focalisation». Ici nous n’avons besoin que d’un petit effort au début de la session pour maîtriser la distraction et le relâchement subtils, mais ensuite cela devient facile. Toute la session de méditation se passe sans interruption aucune.

9/ La placement équilibré

Enfin, le neuvième niveau est appelé «placement équilibré ». Ici donc, il n’y a plus aucun effort. Dès que vous êtes assis… vous vous êtes tellement familiarisé avec cet état de méditation que vous n’avez qu’à vous asseoir et vous y êtes durant toute la session. Peu importe combien de temps, vous pouvez demeurer sur l’objet sans aucune distraction ni relâchement. C’est un état mental fantastique !
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Voici donc les neuf niveaux du calme continu ; mais on n’est pas arrivé au calme continu pleinement qualifié. Vous devez donc cultiver cette pratique pendant un certain temps et alors, si vous persévérez, il se produit une transformation de votre corps et de votre esprit.
Une sorte de béatitude physique apparaît, et de béatitude mentale. Cette béatitude physique et mentale permet d’accéder à une souplesse physique particulière, ou maniabilité ou légèreté au niveau du corps, et à une légèreté au niveau de l’esprit : une acuité, une souplesse de l’esprit, une maniabilité qui vous permet d’engager votre esprit dans toutes les choses vertueuses que vous voulez, quand vous le voulez. L’esprit a toujours beaucoup d’enthousiasme, vous ne perdez jamais l’enthousiasme pour faire quelque chose de positif. Donc, lorsque ceci s’est produit, que cette béatitude physique et mentale est apparue, puis à son tour la souplesse physique et mentale, qu’elles sont stables, voilà ce que l’on appelle le « calme mental » ou «calme continu ».
C’est un chemin très clair, très bien présenté, vous savez toujours exactement où vous en êtes, quel est votre problème et comment le résoudre pour passer à l’étape suivante.

Et vous ? Ou vous situez vous dans votre apprentissage de la méditation ?