Méditation sur la vacuité

Préparation :

Commencez par prendre une ou deux minutes pour vous concentrer sur votre corps, pour trouver la position la plus bénéfique en veillant à ce que votre colonne vertébrale soit droite et comme étirée vers le haut, une position qui vous permette d’être attentif et éveillé sans être rigide ou tendu. Ressentez le poids de votre corps, son caractère substantiel, matériel. Soyez présent au moment et à l’endroit où vous êtes.

Laissez passer toutes les pensées alors que vous vous concentrez sur la respiration pendant que vous inhalez et exhalez à travers chaque narine, en inspirant de la lumière blanche et expirant de la fumée noire.

Motivation :

Quand l’esprit est calme et concentré, créez une motivation altruiste pour la session de méditation. Pensez que vous ne méditez pas seulement pour votre propre bien-être, paix de l’esprit ou bonne réputation, mais que vous prenez maintenant le temps de méditer et de développer la sagesse de la vacuité pour atteindre l’état d’éveil qui permet d’être bénéfique de manière extrêmement habile à tous les êtres et de les guider hors de la souffrance.

Le corps principal de la méditation :

Maintenant pensez « je », « je ». Permettez à la sensation du « je » de croître. Concentrez-vous sur le sentiment du « je » ou « moi ». Une manière de faire s’élever ce sentiment du « je » est de générer une forte émotion… par exemple, rappelez-vous un épisode dans lequel vous avez éprouvé une forte colère ou une grande peur.

Maintenant, permettez à une petite partie de votre esprit d’agir subtilement en tant qu’observateur, d’observer ce sentiment de « je ». (Cet « observateur » doit être très subtil et dissimulé, sinon ce sentiment du « je » tend à disparaître).

Comme le « je » apparaît-il ? Comme étant un avec le corps ? Comme complètement séparé du corps ? Comme étant un avec l’esprit ? Comme complètement séparé de l’esprit ? Souvent, le « je » apparaît comme quelque chose d’indépendant, de séparé du corps et de l’esprit. Cette apparence est-elle exacte et précise ? Analysons bien.

Qu’est ce « je » ? Est-il le corps ? Le corps tout entier ? Une partie du corps ? Est-il la tête ? Le cœur ? Le cerveau ? Si le « je » est l’une de ces choses, comment alors pouvons-nous dire « ma tête », ou « mon cœur », ou « mon cerveau » ou même « mon corps » ? Contemplez cela quelques instants.

Maintenant, pensez : le « je » est-il identique au corps, ou est-il le « possesseur » du corps ? Si le « je » n’est pas identique au corps, est-il complètement différent ? Si le « je » est le propriétaire du corps, cela signifie-t-il qu’il est complètement indépendant du corps ? Est-il une entité séparée ? Contemplez cela quelques instants.

Le « je » peut-il exister sans le corps ? Réfléchissez à cela. Maintenant, pensez : le « je » est-il identique à l’esprit qui perçoit, pense et expérimente, à la fois par les perceptions (à travers les cinq sens) et les conceptions (à travers la pensée) ? Le « je » est-il identique à l’esprit tout entier ? A chaque instant de l’esprit ? Si le « je » est l’esprit, quel moment de l’esprit est-il ? Quelle partie de l’esprit ? Contemplez ceci quelques instants.

Si le « je » est identique à l’esprit pourquoi disons-nous « mon esprit » ? Le « je » est-il le possesseur de l’esprit ? Est-il complètement différent de l’esprit ? Complètement indépendant de l’esprit ? Est-il une entité séparée ? Contemplez ceci quelques instants.
Le « je » peut-il exister sans l’esprit ? Réfléchissez à cela.

Le « je » n’est ni un avec le corps ni complètement séparé du corps. Le « je » n’est ni un avec l’esprit ni complètement séparé de l’esprit. Qu’est-il alors ? Comment existe-t-il ?

L’apparence du « je » comme quelque chose de complètement indépendant de l’esprit et du corps est une complète illusion. C’est une apparence complètement fausse. Et cette apparence donne naissance à toutes les perturbations mentales, à toutes les hallucinations et les actions qui en résultent. Cette apparence erronée est la racine  de notre souffrance. Cette apparence erronée est complètement trompeuse et le « je » qui semble exister de cette manière erronée n’existe pas du tout. Par conséquent, le « je » très subtil qui existe vraiment (conventionnellement) est complètement vide de cette manière erronée d’exister. Le « je » est complètement vide d’existence indépendante ou d’existence inhérente. Le « je » est une simple imputation, une simple désignation qui dépend de la base du corps et de l’esprit. Contemplez cela fortement. Une fois que vous en êtes arrivé à cette conclusion, permettez à tout votre processus de pensée de s’arrêter et concentrez-vous uniquement, en un seul point, sur cette compréhension afin de lui permettre de pénétrer dans les niveaux les plus profonds de votre esprit.

Le bavardage est l'infaillible indice de la vacuité de l'esprit.

Dédicace :

Grâce aux mérites et à l’énergie positive de méditer pour comprendre la vacuité du « je », puisse ce je, qui est une simple désignation de l’esprit, ainsi que tous les êtres, rapidement générer toutes les qualités positives de bonté et de compassion, qui sont simplement imputées par l’esprit et éliminer toutes les négativités et les voiles de l’auto-chérissement, qui sont simplement imputés par l’esprit, de nos courants de conscience. Puisse la sagesse de la vacuité éliminer toutes mes vues erronées et éradiquer complètement la racine de la souffrance de mon esprit et de ceux de tous les êtres sensibles.

Exercice méditatif : Le mandala

Mandala-2Le mandala n’est pas qu’un objet d’art destiné à hanter les couloirs du Louvre. C’est une représentation symbolique des énergies et du fonctionnement de l’univers en interaction avec notre fonctionnement psychique.

Si, dans un contexte occidental , le mandala est regardé avec admiration comme une curiosité culturelle d’un temps révolu, dans un cadre oriental, en Inde ou au Tibet par exemple, il est considéré comme une discipline majeure et sert de support à la méditation, à la connaissance de soi, au développement spirituel et à la ‘relation’.

Mandala, terme sanskrit, signifie « cercle, disque avec une idée d’achèvement ». Si nous prenons le mot tibétain équivalent, dKil-khor, nous rajoutons en plus la notion de centre et de circonférence/périphérie avec une idée de complétude et d’interdépendance entre le centre et la périphérie. Le système solaire est donc un mandala tout comme le corps humain ou le fonctionnement de l’esprit et du psychisme. Et quel est le point de liaison entre ces trois systèmes apparemment si éloignés et différents ? Les 5 éléments, dénominateur commun et naturel de toutes les époques et traditions. Ils sont inclus dans la composition des mandalas et en assurent la cohésion/unité à un niveau grossier et subtil. Et c’est par cette porte d’entrée essentielle, simple et évidente, que nous allons pouvoir nous en servir puisque les 5 éléments assurent dans la pratique des mandalas, cette triple action de nous relier à nous-mêmes, à l’environnement et aux autres.

La première ouverture, dans l’utilisation thérapeutique des mandalas, vient de C.G. Jung : « Des représentations de dessins/mandalas peuvent avoir sur leurs auteurs des actions thérapeutiques importantes, le fait a été constaté empiriquement et il est pareillement facile à comprendre, ces dessins constituant des tentatives souvent très audacieuses pour embrasser du regard et rassembler des éléments contraires apparemment inconciliables et des divisions apparemment insurmontables. Un simple effet dans la direction indiquée produit déjà un effet salutaire, mais il est vrai seulement dans le cas où cet essai est spontané » (Psychologie et Orientalisme, Albin Michel).

Cette connaissance ancienne peut être adaptée à la mentalité occidentale dans un travail de psycho- et auto-thérapie. Nous pouvons, sans rentrer dans des rituels/ pratiques/ initiations/ méditations/ visualisations complexes et tout en conservant l’essence des mandalas, travailler à un niveau psychologique par le simple fait du geste spontané exprimé dans un dessin en utilisant les 5 éléments(le geste spontané traduisant le ressenti profond, non court-circuité par l’aspect du mental conceptuel).

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MAIS COMMENT FAIRE POUR… ?

La réponse est simple : en le faisant ! 🙂 Comment s’acquiert le geste spontané ? Il s’acquiert par des pratiques de méditations préparatoires, comme l’attention au souffle, ou bien par la pratique d’exercices de méditations dynamiques ou méditations du mouvement.

1/ Tout en étant détendu, choisissez plusieurs couleurs et attribuez à chacune d’entre elles

-une partie du corps ,

-ou bien  une qualité énergétique (structure, harmonisation/relation…),

-ou  un centre énergétique (chakra du nombril,….),

-à un son………

2/ Vous pouvez choisir de ne travailler qu’avec 2 ou bien 3 couleurs. L’essentiel est d’avoir défini auparavant la signification de chacune d’entre elles.

3/ Formez un cercle et tracez à l’intérieur de celui ci les grand axes de ce dernier.

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4/ Le dessin doit être travaillé d’une façon symétrique

5/ Je précise et j’insiste sur la nécessité, pour une pratique profonde et réussie, de laisser s’exprimer ce ressenti en rentrant dedans, en essayant de ne pas contrôler, planifier ou vouloir dire quelque chose. Nous pouvons, à la suite de cette première expérience, refaire un dessin immédiatement après, sur le même élément, en partant du ressenti du premier ou bien refaire une méditation et un dessin en évitant les traductions et interprétations mentales qui contrôleraient l’ensemble et empêcheraient tout travail de transformation énergétique. Jung a écrit à cet effet qu’« il ne faut rien attendre de la répétition artificielle ou de l’imitation intentionnelle de telles images ».

Par une pratique progressive et régulière, une transformation de soi s’opère en douceur tout en apportant un équilibre au quotidien, une communication et un soutien intérieur. Les éléments, quant à eux, tout en nous permettant d’accéder à des états intérieurs plus clairs, unifiés et subtils, participent à la liaison entre le corps et l’esprit, entre la matière et l’énergie, et établissent un lien entre nous et autrui. Nous pouvons pratiquer seul ce qui demande beaucoup de rigueur dans notre méditation et de spontanéité dans les dessins sans chercher à les auto-interpréter/analyser ou bien être guidé par un thérapeute dans une interprétation basée sur l’ambiance, le mouvement, les formes, les couleurs, l’énergie du dessin « informel » en vue de refaire des pratiques et de nouveaux dessins.

Bien entendu, des émotions trop fortes et perturbantes que nous avons repérées dans notre vie, nécessiteront l’accompagnement d’une aide extérieure et sûrement l’emploi d’autres méthodes que celles des mandalas.

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Méditation sur le caractère précieux de notre vie humaine

La fonction de la méditation analytique est de nous aider à reconnaître et à intercepter les attitudes et idées erronées qui nous occasionnent chagrin et insatisfaction. Nos expériences dans la vie dépendent de la façon dont nous pensons et ressentons les choses et parce que, la plupart du temps, nous ne percevons pas les choses de la manière dont elles sont en réalité, nous rencontrons une situation frustrante après l’autre.
Aussi longtemps que nous blâmons nos parents, la société ou d’autres facteurs extérieurs, nous ne trouverons jamais aucune solution satisfaisante à nos problèmes. Leur cause principale réside dans notre propre esprit. Il nous incombe donc de prendre la responsabilité de changer notre façon de penser, là où elle est erronée, c’est-à-dire, là où elle apporte du mécontentement, à nous et aux autres.
Cela peut se faire par la méditation, en prenant conscience, petit à petit, de la façon dont nous réfléchissons et ressentons les choses, en distinguant les attitudes correctes des incorrectes, et finalement en contrecarrant les attitudes nuisibles par des moyens appropriés.
Le point de départ de nombreux problèmes vient du sentiment que nous avons de nous-mêmes et de notre vie. L’existence humaine est très précieuse, mais généralement nous n’arrivons pas à l’apprécier. Nous avons tant de potentiel, tant de sagesse cachée et de bonté, tant à offrir au monde, mais nous ignorons cela et nous laissons assombrir par la dépression. En mettant l’accent sur les points faibles de notre caractère et sur les imperfections de nos relations avec les gens et avec le travail, par exemple, nous développons une piètre opinion, injuste de nous-même. Plus le temps passe et plus cette image de soi devient concrète. Nous nous considérons comme des incapables et des bons à rien et par voie de conséquence nous nous tournons vers les autres pour essayer de trouver bonheur et satisfaction. Cependant comme nos amis ont vraisemblablement le même sentiment par rapport à eux-mêmes, souvent de telles relations n’apportent que plus de frustration.
Nous pouvons découvrir le potentiel de bonheur et de satisfaction qui réside en chacun de nous en prenant conscience de nos processus mentaux, puis en appliquant la sagesse discriminante à toutes nos actions du corps, de la parole et de l’esprit. Mais espérer être à même d’accomplir cela et d’en obtenir la réalisation, sans compléter tout d’abord le travail de base nécessaire, c’est inviter la frustration. Nous devons commencer par construire une fondation ferme, basée sur une vue réaliste de nous-mêmes. Nous devons accepter aussi bien nos traits de caractère positifs que négatifs et nous devons être déterminés à en nourrir les bons aspects et à en transformer ou éliminer les mauvais. En fin de compte, nous reconnaîtrons la chance que nous avons d’être nés humains. Une fois cela compris, nous pouvons commencer à entraîner notre esprit pour atteindre l’éveil.
En nous observant profondément et minutieusement, nous nous rendons compte que la plupart de nos problèmes quotidiens sont tout à fait insignifiants. Ce sont uniquement nos projections et nos conceptions qui les compliquent et leur permettent de s’amplifier démesurément. En nous apitoyant sur nous-mêmes, nous nous emprisonnons dans nos problèmes, qui semblent prendre de plus en plus d’importance et nous sombrons dans des états profonds de dépression et de désespoir. En nous complaisant dans un tel apitoiement, nous sommes incapables de voir que nous avons en fait créé nos problèmes et, par conséquent, notre état dépressif.
Cette méditation est un antidote aux dispositions d’esprit négatives telles que la dépression et le désespoir. Elle nous aide à reconnaître notre chance, notre unique et extraordinaire potentiel d’atteindre le vrai bonheur et la satisfaction et à nous en réjouir. Une compréhension de ce potentiel nous remplit naturellement de joie et d’enthousiasme pour la vie – qui ne se sentirait pas ravi en réalisant qu’il détient la clé de son propre accomplissement ? En même temps, reconnaître notre chance nous permet de voir clairement que nombreux sont ceux qui sont infiniment moins fortunés que nous. Nous ressentons une compassion véritable pour tous ces êtres et devenons activement concernés par leur situation de détresse.

La pratique

Nous commençons par l’attention au souffle afin d’amener l’esprit à un état calme et clair. Nous pouvons y consacrer autant de temps qu’il est nécessaire.
Puis, abordons la méditation analytique en examinant l’idée que nous avons de nous-mêmes : notre vie, notre personnalité, nos réactions, nos talents, etc. Sommes-nous satisfaits ou trouvons-nous beaucoup de défauts, aspirons-nous à plus encore ? Découvrons-nous des sentiments d’incapacité, de découragement ou de désespoir ? Même si notre état d’esprit actuel est positif et que les choses vont bien pour nous, souvenons-nous de périodes passées de dépression et de découragement. Prenons alors la détermination de nous débarrasser de ce sombre sentiment de désespoir.
Pour nous aider à développer une meilleure perspective de notre propre vie, comparons-la d’abord à celle d’autres êtres qui sont encore plus mal en point que nous. Essayons d’imaginer, par exemple, ce que ce serait d’être un animal : profondément ignorant, dépourvu de potentiel permettant un développement mental et spirituel ; contrôlé par autrui ; expérimentant le cercle perpétuel de la faim, de la soif, de la chaleur et du froid, vivant toujours dans la peur de la mort.
Représentons-nous comme un mendiant dans les rues de Calcutta ou vivant dans les déserts d’Afrique, constamment dans le besoin de nourriture et d’eau sans avoir le temps de penser à n’importe quoi d’autre ; humain, mais avec à peine plus de possibilité pour se développer qu’un animal.
Imaginons que nous souffrons d’un handicap mental ou physique sérieux et du manque de liberté que cela implique. Ou bien pensons que nous vivons dans un pays opprimé politiquement et socialement, ne nous laissant que peu de liberté pour persévérer dans ce qui nous intéresse.
Il est assez facile de lire et répéter ces mots, mais nous mettre, réellement, dans une de ces situations, c’est une autre affaire. Visualiser et penser profondément aux difficultés du mendiant, à la peur et à la paranoïa d’un animal, au désespoir de la personne dans le désert, peut être très effrayant et douloureux. Mais en comprenant la douleur atroce de chacune de ces situations, nous apprenons à nous rendre compte à quel point nos problèmes du moment sont minuscules. Comparons nos problèmes à ceux que les autres endurent ; soyons reconnaissants pour ce que nous avons et éprouvons de la compassion pour les épreuves des autres.
Maintenant, ramenons à l’esprit toutes les bonnes qualités et avantages de notre vie. Nous sommes des êtres humains dotés d’un esprit intelligent, d’un bon coeur et d’un corps en bonne santé. Nos amis et notre famille nous soutiennent. Nous avons la chance de vivre dans un pays relativement libre, sans oppression sociale et politique. Nous avons d’innombrables occasions de persévérer dans ce qui nous intéresse sur les plans créatif, intellectuel et social ainsi que la possibilité d’aller n’importe où et de faire n’importe quoi. Nous bénéficions d’un bon niveau de vie. Par dessus tout, nous avons le potentiel et l’occasion – grâce à tous les autres avantages – d’examiner, de comprendre et de transformer notre esprit.
Pensons, à présent, que bien peu nombreuses sont les personnes ou les créatures sur la terre qui partagent cette liberté et cette chance avec nous. Après avoir bien réfléchi à cela, nous réalisons alors à quel point une vie comme la nôtre est rare et précieuse. Apprécions vraiment notre chance.
Une fois que nous avons mis en évidence les inconvénients que nous n’avons pas dans notre vie et les avantages dont nous bénéficions, nous devons décider comment utiliser au mieux ces précieuses possibilités. Pensons à toutes les perspectives qui s’offrent à nous : travail, voyage, divertissements, études. Et ce ne sont que de simples occasions mondaines. Le plus grand bienfait que cette vie puisse apporter est la possibilité d’un développement spirituel, d’une transformation de l’esprit.
Essayons de voir les limitations d’un style de vie uniquement destiné au profit matérialiste. Pensons à quel point la gloire, la richesse, la réputation, le plaisir des sens sont insignifiants comparés à l’objectif de l’éveil. Pourquoi n’aspirer qu’à des réalisations temporelles alors que nous sommes capables de tellement plus ?
Contemplons tous ces points lentement et minutieusement. Regardons-les sous des angles différents. Notre capacité à contrôler notre esprit et, grâce à elle, à atteindre l’éveil doit devenir évidente. Comment, avec un tel pouvoir, serait-il possible de nous sentir désespérés et déprimés ?
Dédions l’énergie et l’inspiration obtenues par cette méditation au bonheur ultime de tous les êtres.

Méditation analytique guidée Audio

Méditation sur la clarté de l’esprit

La réalité de notre existence est que nous sommes une combinaison du corps et de l’esprit. Chacun d’eux, à leur tour, est une combinaison de nombreuses parties, toutes dans un état de fluctuation constante. Malheureusement, notre ego ne se satisfait pas d’une explication aussi simple. Il complique la question en fabriquant l’idée d’un « je » ou « soi » fondé sur nos conceptions, sur ce que nous aimons et ce que nous n’aimons pas. Nous pensons « je suis séduisant », « je suis laid », « je suis un bon danseur », « je ne réussirai pas », « j’ai un mauvais caractère ». Nous croyons à ces projections et nous présumons qu’elles sont permanentes et ne pourront changer.

Nous faisons la même chose avec les personnes et les choses qui nous entourent. Nous pensons : « il est laid », « elle est gentille ». Nous échafaudons notre propre image détaillée et très solide de la réalité et nous nous y accrochons aveuglément.

La méditation sur la clarté de l’esprit est un antidote efficace à nos projections concrètes. Nous pouvons acquérir une expérience directe de la nature claire, immatérielle et éphémère de toutes les pensées, des sentiments et des perceptions, affaiblissant ainsi la tendance à nous identifier à eux. Comme le sujet – l’esprit – s’adoucit, les objets qu’il projette en font de même ; lentement, ils perdent leur aspect concret. Le sentiment d’hostilité envers la « personne mauvaise » surgira peut-être encore à cause de l’habitude, mais nous aurons l’espace pour nous rappeler que « c’est une projection de ma pensée qui est claire et transitoire. Telle une vague, elle s’élève dans mon esprit pour bientôt disparaître. L’objet n’existe pas de la façon dont je le vois ».

Cette méditation est particulièrement efficace pour atténuer la conception que nous avons de notre propre « moi ». Habituellement, nous avons peu d’estime de nous-mêmes et nous nous basons sur des erreurs du passé, des défauts de notre personnalité, des mauvaises habitudes, etc. Mais la colère, la jalousie, l’égoïsme, la dépression et les autres problèmes qui nous hantent sont des expériences mentales et sont donc claires et transitoires. L’existence de ces états d’esprit dépend de notre croyance en eux ! En reconnaissant cela au cours de la méditation sur la nature de l’esprit, nous apprenons à lâcher prise et nous arrêtons de nous identifier à ces expériences.

Notre nature primordiale est claire et pure et est en nous vingt-quatre heures par jour. Les négativités qui s’élèvent et retombent comme des vagues sur l’océan de notre conscience sont temporaires et peuvent être éliminées. Une pratique suivie de cette méditation produira finalement une certitude quant à cette nature pure, jusqu’au moment où cela deviendra notre réalité, notre expérience même. C’est une étape normale vers la compréhension de la nature plus subtile du « soi » et de tous les phénomènes : leur vide d’existence intrinsèque.

La pratique

Commençons par inspirer profondément par les deux narines, faisons descendre l’air dans le ventre, retenons-le pendant un instant, puis expirons lentement et doucement à travers les lèvres très légèrement entrouvertes. Répétons cela deux fois puis respirons normalement ; observons notre respiration sans penser, sans conceptualiser. Une fois que notre état de conscience s’est avivé, tournons notre attention sur la clarté de notre conscience.

Notre conscience (ou esprit) est tout ce que nous expérimentons en ce moment : les sensations de notre corps, les pensées, les sentiments, les perceptions de sons, etc. La nature de chacune de ces expériences est la clarté, sans forme ni couleur, semblable à l’espace, une conscience pure. Concentrons notre attention sur cette nature pure et claire ou lumineuse de l’esprit.

Au début, il est peut-être difficile de trouver l’objet réel, c’est-à-dire la clarté. S’il en est ainsi, méditons sur une image mentale de la clarté ; un des moyens de produire une telle image est de visualiser l’espace. Imaginons que nous sommes couchés sur le sommet d’une colline et que nous fixons un ciel parfaitement clair et sans nuage. Concentrons-nous sur ce vide immense et libre d’obstruction. Imaginons que ce vide se répand vers le bas et nous enveloppe, nous et notre environnement ; tout devient vide comme l’espace. Maintenons cette expérience ; ressentons que la nature de notre esprit est semblable à cet espace vide et lumineux.

Les pensées et les distractions surgiront, mais n’y réagissons pas ; ne les suivons pas, ne les rejetons pas non plus. Souvenons-nous qu’elles sont par nature claires, sans substance. Observons-les simplement aller et venir, puis revenons à la prise de conscience de la clarté de l’esprit.
Ne pensons à rien pendant cette méditation. Il n’est pas nécessaire de nous demander ce qu’est l’esprit ; observons-le seulement, observons sa nature claire, semblable à l’espace vide et infini. C’est suffisant. Soyons naturels. La méditation est quelque chose de simple et naturel ; rien de spécial.
Se concentrer signifie maintenir l’esprit continuellement sur un objet, sans l’oublier. Il en résulte automatiquement un état de conscience libre de concepts. Une lumière n’a pas besoin de penser « je dissipe l’obscurité », elle illumine tout simplement. La conscience est une lumière intérieure qui nous permet de voir les choses plus clairement. Elle chasse la lourdeur avec laquelle les choses nous apparaissent et affaiblit ainsi notre attachement ou notre aversion à leur égard.
Méditons pendant de courtes périodes – dix à quinze minutes – jusqu’à ce que notre concentration s’améliore. Puis, nous pourrons nous asseoir pour une heure ou plus, ou aussi longtemps qu’il nous sera possible de maintenir une attention intense. Si la méditation se déroule bien, nous nous sentirons légers et détendus.

Terminons la session en dédiant l’énergie positive créée au cours de la méditation, pour le bonheur et le bien-être de tous.

Méditation Guidée : Présence et ancrage

Par ce dimanche pluvieux, je me suis lancé dans l’élaboration d’une méditation guidée sur le thème de l’ancrage et de la présence. Voila donc le lien youtube afin de pouvoir expérimenter cet exercice facilement. Je vous souhaite un agréable moment.