En quête d’éternité

Naître, grandir, évoluer, persévérer, comprendre, puis vieillir, se courber, attendre, s’éteindre. L’existence est une quête perpétuelle de sens au travers de diverses expériences. Mais l’envie qui jalonne le plus nos vies est, et reste, la quête d’éternité. Pour un cerveau normalement constitué et purement analytique, on naît on vit puis on meurt. Toutefois l’inconscient nous soumet bien souvent la possibilité d’une vie éternelle.

On tente par tous les moyens que nous possédons de laisser une trace sur Terre autre qu’une vulgaire trace de pas dans le sable qui s’évanouira dès le premier coup de vent ou la première vague un peu trop forte.

Certains penseront que, par leurs enfants, leurs descendances, les gens se souviendront d’eux comme le père ou la mère de…… ou bien le grand père ou la grand mère de…… Ils auront transmis leurs valeurs et ils auront inculqué à leurs enfants un chemin de vie avec l’espoir secret que ces derniers seront éternellement reconnaissants  tout au long de leurs existences.

D’autres penseront qu’une entreprise, qu’un livre, qu’une quelconque réussite sociale les mèneront à la postérité. Leurs égos les aura, une fois de plus, berné en leur faisant croire que, cette entreprise, ce bouquin bref cette réussite sera l’équivalent d’un message qu’il laisseront sur Terre après leur départ.

Mais pourquoi vouloir à tout prix laisser une trace de notre passage ici bas, car après tout, nous ne pourrons pas voir l’évolution que prendront les choses une fois que nous aurons quitté ce monde ?

La vie telle que nous la connaissons est, en effet, un moment ou notre corps tel un véhicule nous aide à avancer durant un certain temps. Une fois notre passage effectué ici bas, notre corps s’éteint et, seule l’âme reste présente. Le seul moyen que nous connaissons est donc le fait de s’attacher à quelque chose ou bien à quelqu’un matériellement.

Un enfant sera une signature de nous même, une mémoire vivante de notre passage ici bas. Une entreprise, un lieu aidant les gens à se remémorer des instants partagés ensemble ou bien le symbole d’une réussite qu’eux même désirent plus que tout.

Et après…….

Ce qui fait la noblesse d'une chose ; c'est son éternité

La vie terrestre fait de nous des bâtisseurs, des artisans aidant à façonner le monde tel que nous désirons qu’il soit. Chacun à notre manière, nous décidons d’entreprendre le long travail nous permettant de laisser à nos semblables un monde meilleur. Par l’éducation que nous donnons à nos enfants, ou bien les symboles d’une persévérance sans faille, chaque objet ou être laissé par chacun d’entre nous ici bas correspond à notre propre vision de la perfection.

Les valeurs que chacun tente de véhiculer lui sont propres mais à chacun de voir quelle est la trace, la graine, l’essence de ce qu’il désire laisser ici bas. Est-ce la vengeance ou le pardon ? Est-ce la persévérance ou l’obstination ? Est-ce l’amour ou bien la haine ?

Libre à vous de choisir en votre âme et conscience.

Faire retour sur soi

Nous sommes tellement habitués à porter exclusivement notre regard vers l’extérieur que nous avons pratiquement perdu tout accès à notre être intime. Nous sommes épouvantés à l’idée de regarder en nous-mêmes, parce que notre culture ne nous a donné aucune idée de ce que nous allions y trouver. Nous pouvons même craindre que cette démarche ne nous mette en danger de folie.

C’est là l’ultime et ingénieux stratagème de l’ego pour nous empêcher de découvrir notre vraie nature. 

Nous nous créons ainsi une vie tellement trépidante que nous éliminons le moindre risque de regarder en nous-mêmes. Même l’idée de méditation peut être effrayante pour certains. Lorsque nous entendons des expressions telles que « sans ego » ou « vacuité », nous imaginons que faire l’expérience de ces états équivaudrait à être éjecté d’un vaisseau spatial pour flotter à jamais dans un vide obscur et glacé. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Mais, dans un monde voué à la distraction, le silence et la tranquillité nous terrifient. Nous nous en préservons par le bruit et une activité effrénée. Examiner la nature de notre esprit est la dernière démarche que nous oserions entreprendre…….

Et pourtant.

Et pourtant si nous savions ce que nous réserve cette introspection nous débuterions cette aventure dès aujourd’hui. Se pencher sur soi tel un enfant qui regarderait son propre reflet. Découvrir nos zones d’ombre et sourire des défauts qui nous façonnent. Prendre conscience de notre véritable potentiel. Se rendre compte que chaque étape, chaque rire, mais aussi chaque douleur nous permet d’avancer toujours un peu plus loin.

Faire retour comme on se regarde dans un miroir, sans faux semblants, sans fausse honnêteté envers nous même.

Être tel que nous sommes et non plus tenter d’être tel que nous aimerions être.

Comprendre que tout découle de nos actes à travers chaque pas, chaque mot, chaque attitude et même chaque bribes de nos propres pensées.

En arrivant à déposer notre esprit nous arrivons petit à petit à comprendre que nous sommes la cause de ce que nous vivons au quotidien. Que le ressenti des autres, leurs idées, leurs manières de faire ne reflètent pas notre état d’être mais que chacun est prisonnier de son propre vécu. Qu’au travers de nos existences, il est de notre devoir de laisser transparaître cette connaissance de nous même au sein de nos propres actions et d’écouter, de comprendre, d’aider l’autre afin de lui faire prendre conscience qu’il est le seul à pouvoir se sortir du marasme qui l’entoure.

Faire retour pour comprendre que c’est grâce à l’enseignement que la vie nous distille que nous sommes capable d’atteindre chacun de nos objectifs. Qu’au travers de notre travail intérieur nous semons chez l’autre des graines de sagesse.

Et qu’il faut tout fuir ; sauf sa conscience.

Il faut tout fuir,Sauf sa conscience

Le renoncement

Tout d’abord, nous prenons tous en considération que nous aimerions être dépourvus d’ego. Mais, ce qui nous attache à la souffrance et nous rend malheureux c’est le fait de ne pas avoir de renoncement.

Qu’est-ce donc que le renoncement ?

Qu’est-ce qui fait de nous une personne qui a renoncé ?

Nous sommes malheureux parce que nous avons un désir, une soif démesurée d’objets sensoriels et nous tentons de les saisir. Nous essayons de résoudre nos problèmes mais nous ne cherchons pas au bon endroit. Le bon endroit est la saisie opérée par notre ego ; nous devons relâcher cette impulsion, c’est tout.

citation pascal

J’aimerais que vous compreniez que renoncer aux plaisirs des sens ne veut pas dire jeter tout ce qui est beau. Même si vous agissez ainsi, cela ne signifie pas que vous y avez renoncé. Le renoncement est une expérience entièrement intérieure. Renoncer à la souffrance ne veut pas dire que vous jetez la souffrance. Le terme « renoncement » veut dire moins de désir, moins de soif ; ce qui signifie être plus raisonnable, au lieu de vous mettre dans un état de tension psychologique trop forte et d’agir de manière insensée.

Une fleur a une certaine beauté, mais cette beauté n’est que conventionnelle ou relative. Cependant, l’esprit qui est sous l’emprise du désir ardent projette sur l’objet quelque chose qui dépasse ce niveau relatif, qui n’a rien à voir avec cet objet et qui nous hypnotise.

Le point important à retenir ici c’est que nous devons moins tenter de saisir les plaisirs matériels, car la plupart du temps cette saisie et cette soif des plaisirs du monde ne nous apportent pas de vraie satisfaction.

C’est là le point essentiel : Le véritable bonheur est intérieur.

Cette attitude mène à toujours plus d’insatisfaction et à des réactions psychologiques toujours plus insensées.

Si vous avez la méthode et la sagesse pour gérer parfaitement les objets des cinq sens de sorte que leur contact n’entraîne pas de réactions négatives, il n’y a pas de mal à ce que vous entriez en contact avec eux. En tant qu’êtres humains, nous devons être capables de juger par nous-mêmes jusqu’où nous pouvons aller dans l’expérience des plaisirs des sens sans être embrouillés et confus. Nous devons en juger nous-mêmes ; il s’agit d’une expérience entièrement personnelle.

Pour tous ceux en quête de libération ou d’Éveil, renoncer à la souffrance est une nécessité.

Si vous examinez votre vie, ce que vous vivez au quotidien, vous vous rendrez compte que vous êtes pris dans des petits plaisirs.
C’est pourquoi, il faut abandonner l’attitude de saisie, d’avidité et les actions inutiles et mettre en pratique ce qui donne un sens à votre vie et la libère.

Puisqu'on ne peut changer la direction du vent;il faut apprendre à orienter les voiles

Toutefois, je ne veux pas que votre compréhension se limite au point de vue philosophique. Nous sommes en mesure d’examiner notre esprit et de comprendre quel type d’attitude mentale entraîne les problèmes du quotidien et n’a aucun intérêt, aussi bien du point de vue objectif que subjectif. C’est ainsi que la méditation nous permet de corriger nos attitudes et nos actions.

Ne pensez pas : « Je suis impuissant face à cela. »

Les êtres humains ont un certain pouvoir. Nous avons la possibilité de changer notre style de vie, de changer nos comportements, de changer nos habitudes. Cette capacité, on peut l’appeler, notre propre potentiel ou comme vous le voulez. La méditation est un enseignement universel qui peut être compris par tous, que l’on soit croyant ou non.

Sans une observation intensive ou une sagesse introspective, nous ne pouvons repérer cela. C’est pour cette raison, que la vérification ou l’examen fait partie de la méditation . Cette façon de vérifier est ce que j’appelle la méditation analytique. Cela implique raisonnement logique et philosophie. La philosophie et la psychologie nous aident donc à mieux voir les choses. C’est pourquoi, la méditation analytique est un moyen scientifique d’analyser notre expérience propre.

Equanimité

Il ne suffit pas de s’efforcer simplement d’obtenir sa libération personnelle. Nous sommes pareils à tous les autres êtres en ce que nous souhaitons tous être heureux et être affranchis même de la plus infime souffrance et il est égoïste et cruel de désirer une béatitude éternelle et une paix parfaite pour nous seuls et de faire notre possible pour obtenir uniquement notre propre bonheur.

Le plus intelligent comprendra que, jusqu’à ce que tous les êtres aient finalement trouvé le bonheur le plus élevé possible, nous ne nous serons pas acquittés de notre responsabilité envers les autres.

Pourquoi responsabilité ?

Parce que tous nos bonheurs passés, présents et à venir jusqu’à, et y compris, l’Eveil dépendent de tous les autres êtres, sans exception. Il est de notre devoir de payer de retour cette bonté.
Le premier obstacle que nous devons surmonter est notre habitude chronique de ressentir de l’attachement pour certains êtres, de l’aversion pour d’autres et de l’indifférence envers le reste.

Comme notre ego – la conception fausse de la manière dont nous existons – nous donne un sentiment très fort de « je », nous faisons notre possible pour obtenir notre bonheur égoïste et fuyons tout ce que nous estimons déplaisant. Nous associons les différents objets des sens à ces sentiments et quand il arrive que ces objets soient d’autres êtres, nous les nommons « ami », « ennemi » et « inconnu ».

Le résultat en est que nous devenons fortement attachés à nos amis et faisons tout ce que nous pouvons pour les aider ; alors que nous haïssons nos ennemis et essayons de leur nuire autant que nous le pouvons ; tout en évitant et ignorant la vaste majorité des êtres, les inconnus, que nous ressentons comme complètement sans relation avec soit notre bonheur soit nos problèmes. C’est pourquoi nous devons exercer notre esprit à ressentir de l’équanimité envers tous les êtres, à ressentir que tous méritent de manière égale nos efforts pour les aider à trouver le bonheur qu’ils recherchent.

le sage décèle en lui la cause de ses travers
Même dans cette vie, l’ami auquel nous sommes attachés et que nous essayons tellement d’aider n’a pas toujours été notre ami.

Auparavant nous ne savions même pas qu’il (ou elle) existait et comme il n’avait jamais ni favorisé ni entravé notre poursuite du bonheur, nous l’avions mis dans la catégorie « inconnu ». Quand plus tard, il a d’une façon ou d’une autre, satisfait notre ego, nous avons commencé à le considérer comme utile, comme « ami » et avons par conséquent encouragé son attention en étant aimable avec lui et en faisant notre possible pour paraître bien à ses yeux, tout en dissimulant nos défauts. Mais les relations amicales entre nous étant maintenues par beaucoup d’efforts et pas mal de tromperies des deux côtés, elles ne dureront pas. Tôt ou tard, l’un d’entre nous fera quelque chose qui dérangera l’autre ou en aura assez de cette relation. Alors l’autre personne, qui semblait si désirable, commencera à devenir déplaisante, on cherchera à l’éviter. Graduellement, ou même soudainement, la relation se détériorera et nous deviendrons « ennemis ». Bien sûr, cela n’arrive pas toujours, mais nous avons certainement tous fait une expérience similaire.

On voit donc que les dénominations d’ami, ennemi et inconnu que nous appliquons aux autres sont très temporaires et ne sont pas basées sur quelque aspect ultime de la réalité trouvable en eux. Selon le cas, s’ils sont utiles à notre bonheur, nous causent des problèmes ou ne semblent impliqués ni d’un côté ni de l’autre, sur ces bases, nous allons projeter ces dénominations.

De plus, aussi longtemps que nous resterons sur Terre, ces relations continueront de changer. Il n’y a donc aucune raison d’être attachés à nos amis, qui vont bientôt devenir des ennemis nous causant du tort, ou de haïr nos ennemis, dont il est certain qu’ils vont devenir des amis bien-aimés. En ouvrant complètement notre esprit et en considérant les choses dans la perspective la plus vaste possible, nous verrons tous les êtres comme ils sont réellement – égaux – et tous seront attirants et précieux.

Habitudes et attachements

On a beau se préparer, on a beau essayer de mettre en évidence toutes les pistes nous permettant de planifier le changement, ces pistes ne restent toujours que des suppositions.

En effet, tout changement prend en compte des paramètres défiant notre propre expérience. Tout changement suppose une prise de conscience de l’instant présent.

En effet, sans changement, nous nous enfermons dans une sphère faite d’habitudes. Aussi simples soient-elles, ces habitudes s’infiltrent dans notre quotidien. Elles nous enferment dans des rituels et, doucement, nous retire de la vie à proprement parler.

Évidemment les habitudes sont la pour nous faire nous sentir confortable. L’habitude de boire un thé ou un café le matin de telle ou telle manière, le fait de regarder par la fenêtre de la cuisine ou du salon pour voir le temps qu’il fait, nous force à oublier de contempler la vie, la nature, le temps qui passe d’une manière objective. Observez vous et commencez à percevoir qu’a travers votre regard par la fenêtre vous n’observez qu’une petite partie du paysage et certainement pas le paysage en entier. Vous vous attardez sur un détail sans prendre conscience de la réalité qui vous entoure. Essayez de vous servir de vos sens : écoutez, sentez, regardez, touchez, goutez. Au delà de ces cinq sens vous commencerez à percevoir l’entière dimension de l’instant et vous ne serez plus attaché au rituel mais bel et bien à l’instant.

Nous ne pesons jamais assez notre attachement à l’instant. Si nous nous observons avec bienveillance, nous commencerons à percevoir que nous tentons désespérément de reproduire l’instant par le biais d’habitudes. Alors que si nous prenons conscience de ces habitudes, nous allons forcer notre attention de manière à percevoir un nouvel élément constituant l’instant minute après minute, je dirais même instant après instant. Nous enrichirons chaque instant en prenant conscience de la multiplicité des éléments le constituant.

Prenons donc le temps d’insérer dans nos vies un nouvel élément chaque jour. Aller visiter un endroit que l’on ne connait pas. Dire bonjour à un voisin que l’on croise alors que nous avons pour « habitude » de ne jamais le remarquer ou bien de ne jamais lui parler. Buvez un thé plutôt qu’un café. Tous ces petits changements nous ferons prendre conscience de l’attachement que nous ajoutons à notre quotidien.

Alors oui le changement dérange mais il est surtout la pour nous faire lâcher ce qui n’est pas indispensable à nos vies et pour nous faire prendre conscience que derrière chaque instant peut se cacher l’enfer comme le paradis. A nous donc de choisir la voie qui nous convient le mieux.